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Historique

La découverte de la bauxite

En 1821, près du village des Baux-de-Provence, le géologue Pierre Berthier découvre pour la première fois un minerai inconnu. Composé essentiellement de fer et d’alumine, il sera brièvement baptisé “terre d’alumine des Baux” avant de finalement prendre le nom de “bauxite”.

Les premières tentatives de transformation de ce minerai en aluminium se révèleront très chères, et l’aluminium produit sera considéré comme un métal semi-précieux.

La découverte en 1886 et 1887 de deux procédés pour extraire l’alumine de la bauxite (procédé chimique dit “cycle Bayer”) et pour transformer cette alumine en aluminium (procédé dit “d’électrolyse”) va considérablement réduire les coûts de production, et permettre une démocratisation de l’aluminium dans les objets courants de la société.

La demande en aluminium augmente d’année en année. En France, c’est dans le Var que se situent les principales réserves de bauxite. Dès 1873, les premières exploitations sont ouvertes.

Les Gueules Rouges du Var

Essentiellement composée au début des paysans-mineurs, qui ramassent la bauxite présente sur leurs parcelles après le travail dans les champs, l’exploitation minière va se professionnaliser, notamment à partir du début du XXe siècle. L’aluminium étant utilisé dans l’industrie de l’armement, la Première Guerre Mondiale constituera un tournant dans la production de bauxite. De quelques mineurs peu outillés, et accompagnés d’ânes pour tirer les wagons, le nombre d’ouvriers augmentera. La mécanisation fera son apparition dès les années 1930 : loco-tracteurs, marteaux-perforateurs, puis pelles mécaniques et chargeuses dès 1945.

Dans l’entre deux-guerres, la production varoise de bauxite permettra à la France d’être le premier producteur mondial de ce minerai. 

L’épopée des Gueules Rouges atteindra son apogée en 1955 où presque 2 000 mineurs travaillent sur le bassin brignolais de bauxite. La mécanisation permettra d’augmenter les rendements en diminuant la masse ouvrière. Au début des années 1970, moins de 1 000 mineurs sont encore en activité, pour un rendement 3,5 fois supérieur.

Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale, des gisements beaucoup plus rentables découverts au Brésil, en Guinée, ou encore en Australie, pèsent de plus en plus sur le marché international. En 1973, un plan de fermeture est annoncé pour le bassin minier varois. Le minerai est classé réserve stratégique. 

Malgré les grèves et les combats des mineurs pour la sauvegarde de leurs emplois, la dernière remontée de minerai aura lieu à La Celle en 1987 et la dernière mine fermera définitivement ses portes en décembre 1989 à Cabasse.

De la fermeture des mines à la naissance d’un musée

Dès 1983, en pleine crise de la fermeture des mines, plusieurs mineurs et historiens locaux, notamment de l’Association d’Histoire Populaire Tourvaine, préparent déjà l’après. Au fil des années, ils vont récolter des objets, outils, documents, témoignages en vue d’un travail de mémoire. En 1989, alors que la dernière mine ferme, une exposition-hommage et un ouvrage “Les Gueules Rouges, un siècle de bauxite dans le Var” posent les bases du devoir de mémoire qui s’annonce. Le maire de Tourves Maurice Constans entreprend, avec l’appui d’élus locaux, de créer un lieu dédié à cette histoire. Il est même question d’un musée. Pour que ce musée puisse voir le jour, un groupe de soutien est créé : En 1998, l’Association des Gueules Rouges du Var voit le jour. Il faudra plusieurs années avant de trouver les financements qu’un tel ouvrage représente. En 2007, les travaux du futur musée de la bauxite débutent à Tourves, dans les locaux de l’ancienne cave coopérative. Des équipes de professionnels de la scénographie et de la muséographie sont mandatées, mais ce sont les anciens mineurs qui vont, de village en village, aller récupérer d’anciennes machines, outils, pour agrémenter les collections. Et ce sont les anciens mineurs qui passeront plusieurs années à recréer une galerie de mine pour que les visiteurs du futur musée puissent s’immerger dans le quotidien des mineurs de fond.

En février 2010, à quelques semaines de l’ouverture, un violent incendie ravage la toiture du musée. 2 ans seront nécessaires aux réparations.

Le 15 juin 2012, le Musée des Gueules Rouges ouvre ses portes au public. 117 ans d’histoire minière, et 23 ans de combat pour que ce lieu symbolique puisse voir le jour.